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Le street art existe depuis les années 1960 et reste, à mes yeux, l’un des mouvements artistiques contemporains les plus riches. Voici comment cet art de la rue a traversé les décennies.

En bref :

  • Le street art réunit plusieurs disciplines : graffiti, pochoir, mosaïque, sticker, affichage.
  • Il naît dans le métro new-yorkais, avant d’être sanctionné par la loi dans les années 80.
  • Des artistes comme Jean-Michel Basquiat ou Cornbread ont marqué durablement ce mouvement.
  • En France, le mouvement s’épanouit à partir de mai 1968.

Qu’est-ce que l’art urbain ?

Le street art débute avec les premiers graffitis réalisés dans le métro new-yorkais, qui évoquaient à l’origine une forme de rébellion. Ces tags évoluent rapidement en dessins aux typographies toujours plus originales. Dans les années 80, une loi à New York sanctionne cette pratique, poussant le graffiti à essaimer vers d’autres villes américaines, puis à traverser l’Atlantique jusqu’en Europe, où il est d’abord perçu comme un art humoristique et éphémère.

Cette répression légale, loin d’éteindre le mouvement, a plutôt contribué à sa diffusion internationale : privés d’espace d’expression à New York, de nombreux artistes ont cherché de nouveaux territoires, contribuant à faire du street art un phénomène véritablement mondial dès les années 90.

Des artistes qui ont marqué le mouvement

Impossible de parler de street art sans évoquer Jean-Michel Basquiat, disparu en 1988, qui utilisait pochoirs et tous types de supports (aérosol, pinceau, rouleau). Dans le monde du graffiti, Cornbread (Darryl McCray), mort en 2023, est souvent considéré comme le « parrain du graffiti », malgré une carrière restée assez brève au départ.

Ces pionniers ont ouvert la voie à des générations d’artistes qui ont ensuite fait entrer le street art dans les galeries et les musées, une reconnaissance institutionnelle qui aurait semblé impensable à l’époque des premiers tags dans le métro new-yorkais.

Le street art en France

En France, le mouvement voit le jour dans les années 1960, avec des artistes qui expérimentent directement sur les murs. Il s’épanouit véritablement à partir de mai 1968, notamment via l’organisation d’un symposium international de sculpture à Grenoble, qui a permis la création d’une dizaine d’œuvres dans la ville, dont celles de Mizui, Victor Vasarely ou Calder.

Depuis, plusieurs villes françaises, à commencer par Paris, ont développé une scène de street art particulièrement riche, avec des quartiers entiers devenus de véritables musées à ciel ouvert, où les œuvres se renouvellent au gré des interventions des artistes locaux et internationaux.

Un mouvement toujours vivant

Loin de s’essouffler, le street art continue d’évoluer aujourd’hui, en intégrant de nouvelles techniques comme la projection numérique ou les installations interactives. Cette capacité à se réinventer constamment explique en grande partie sa longévité et sa reconnaissance croissante, y compris dans le monde de l’art institutionnel.

Questions fréquentes

Où est né le street art ?

Le mouvement trouve ses racines dans le métro new-yorkais, avec les premiers graffitis des années 1960-70.

Pourquoi le graffiti a-t-il été sanctionné à New York dans les années 80 ?

La ville l’a considéré comme une dégradation de l’espace public, ce qui a poussé de nombreux artistes à migrer vers d’autres villes.

Le street art est-il né en même temps en Europe et aux États-Unis ?

Non, le mouvement s’est d’abord développé aux États-Unis avant de traverser l’Atlantique et de s’implanter en Europe, notamment en France dès la fin des années 1960.

Le street art est-il aujourd’hui reconnu par le monde de l’art institutionnel ?

Oui, de nombreuses galeries et musées exposent désormais régulièrement des œuvres issues de ce mouvement, autrefois considéré comme marginal.

Quelles nouvelles techniques le street art intègre-t-il aujourd’hui ?

Projection numérique, installations interactives et réalité augmentée font partie des évolutions récentes de cet art en constante transformation.